SPASMOPHILIE: SYNTHÈSE
Mal soignée, ignorée ou méprisée par le corps médical, la spasmophilie a longtemps été considérée comme une simple maladie psychosomatique. Pourtant des recherches récentes, menées aussi bien aux Etats Unis quen Europe, montrent que la spasmophilie est un " vrai " syndrome reconnu comme tel, et que cette maladie est en constante progression dans les pays industrialisés. Environ 20% de la population présente de tels symptômes et les femmes en sont plus fréquemment victimes, mais nimporte qui peut être touché.
Mais de quoi sagit-il donc ? La spasmophilie nest pas une maladie virale ou bactérienne. Même si une prédisposition génétique a été mise en évidence, lenvironnement y joue également un grand rôle. Le terme spasmophilie regroupe un ensemble de troubles très divers principalement caractérisés par lapparition de spasmes affectant toutes les parties du corps, provoquant une série impressionnante de maux diffus qui, sils ne sont apparemment pas trop graves sont néanmoins très invalidants pour la personne concernée. Tremblements tétaniques, spasmes de viscères et du diaphragme, palpitations cardiaques, crispation de la face, boule dans la gorge, dorsalgies en sont les manifestations physiques ordinaires. Fatigue, irritabilité, migraines et insomnies en sont les corollaires psychiques. Tantôt, les troubles progressent à bas bruit, insidieusement, mais présents en permanence, tantôt ils surgissent à limproviste à la suite dun incident précis, banal à première vue, comme une anesthésie mal supportée lors dune opération, dune extraction dentaire, ou après une grippe, mais également à la suite dune émotion forte, provoquée par un deuil, un divorce, une grave contrariété.
Mais quel est donc lagent responsable de cette désorganisation fonctionnelle?
On a dabord pensé quil sagissait dune simple carence en calcium ou en magnésium et quen administrer suffisait à corriger les troubles, mais force a été dabandonner cette explication trop simpliste car la réalité savère autrement plus complexe.
Tout notre système musculaire est sous la dépendance du système nerveux et de certaines hormones. Le bon fonctionnement de cet ensemble est réglé par un système très sophistiqué quon appelle le système neuro-végétatif. En temps normal, ce dernier fonctionne et maintient léquilibre au moyen de deux leviers de commande, lun servant daccélérateur (le système orthosympathique), lautre de frein (le système parasympathique).
Ce réglage se fait par lintermédiaire de minéraux tels que le calcium, le magnésium, le phosphore, entre autres, qui doivent être présents en quantités suffisantes. Si lun de ces éléments vient à manquer, le système semballe et lon assiste à lapparition de ce quen jargon scientifique on appelle une " dystonie neurovégétative orthosympathicotonique " qui se manifeste par un état d " hyperexcitabilité neuro-musculaire ".
Toutes sortes dagents sont capables de simmiscer dans le système et den perturber le fonctionnement.
Lère moderne a introduit dans notre environnement une quantité de produits, dont certains jouent à coup sûr un rôle néfaste en bloquant lactivité normale de ces minéraux. On nomme ces substances toxiques des agents chélatants. On les trouve principalement dans les insecticides, les engrais, les additifs alimentaires. La pollution par les métaux lourds tels que le plomb que lon respire et le mercure de nos obturations dentaires sont fatales pour les spasmophiles. Bien quils nous semblent indispensables, certains de ces produits savèrent mal tolérés par notre organisme, car ils provoquent dimportantes modifications physiologiques qui conduisent à linstallation de ce que lon appelle à juste titre les maladies de civilisation, dont la spasmophilie est lexemple-type. Certains médecins soupçonnent les antibiotiques et certains vaccins daccélérer lapparition de cette affection. Actuellement, un certain nombre dindices sérieux permettraient dimputer la responsabilité de la spasmophilie au vaccin du tétanos qui induirait chez une certaine catégorie d individus prédisposés, une tétanie chronique, sorte de microtétanos, alors que le vaccin de la polyomélite quant à lui serait responsable de lémergence de la fibromyalgie, une microparalysie invalidante touchant une autre catégorie de gens.
On comprendra également mieux pourquoi les femmes en sont plus souvent victimes : la contraception, la grossesse et la ménopause sont trois phases clés durant lesquelles ces dernières sont particulièrement vulnérables et susceptibles de devenir spasmophiles. La pilule contraceptive savère un puissant agent déclenchant pour celles qui présentent une certaine prédisposition. En mettant au monde un enfant et en lallaitant, la mère cède une partie importante de son capital minéral à son bébé, et, si son organisme narrive plus à compenser le déficit, elle risque alors daffronter la troisième étape avec un sérieux handicap, car la ménopause est une autre étape de sensibilité accrue. On comprend ainsi mieux pourquoi les femmes sont les cibles privilégiées de tels déséquilibres et comment elles peuvent transmettre leur terrain fragilisé à leur descendance.
Après lénumération accablante de tous les maux dont sont victimes les spasmophiles, il faut se demander sil y a une solution pour sortir de cette impasse. Il ne faut pas en effet perdre espoir. Des analyses et des tests spécifiques existent. Une analyse récemment mise au point permet tout dabord didentifier une spasmophilie dune manière irréfutable et révèle très précisément les perturbations ioniques responsables de cette hyperactivité neuro-musculaire.
Une fois le diagnostic posé, comment rétablir la santé ? Des thérapies et des remèdes efficaces existent. Parmi plusieurs traitements, le plus en vogue, la nutrithérapie orthomoléculaire, a mis au point une série de nutriments essentiels. Il sagit de vitamines, de minéraux, doligo-métaux, dacides aminés et dacides gras qui, prescrits à des doses thérapeutiques bien précises, sont capables de corriger des anomalies biochimiques et de restaurer léquilibre métabolique.
Les causes de la spasmophilie étant complexes et multiples, le recours à une approche pluridisciplinaire optimise les possibilités de guérison. Ostéopathie, homéopathie, acupuncture, phytothérapie, psychothérapie et thérapies réflexes ont toutes un rôle important à jouer. Il faut être patient, mais la spasmophilie nest pas une fatalité ; elle se soigne et lon en guérit.